Versus vitæ

Un mot pour une année,
un vers pour une décade,
un poème pour une vie.

De Jeanne d’Arc à Amy Winehouse en passant par Confucius et Molière, cette collection regroupe une soixantaine de micro-biographies versifiées et diversifiées. La vie de chaque personne est distillée, ramenée à l’essentiel et condensée en autant de mots qu’elle a compté d’années.

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couverture du livre : Nicolas Graner, Versus vitæ, sur un fond formé d'une multitude d'emojis bleus

Quelques pages au hasard

Louis Braille
(1809 – 1852)

À l’âge de trois ans un accident tragique
Lui fait perdre la vue, mais pas l’envie de lire.
Treize ans plus tard il crée un système graphique
De six points en relief qui lui permet d’écrire
Le français, la musique et les mathématiques.

Georges Brassens
(1921 – 1981)

Déjà tout jeune à Sète il aime la musique
Mais sa réputation est mauvaise. À vingt ans
Il part seul à Paris. Il se donne le temps
De parfaire son style acerbe et poétique.
Enfin le succès vient : de Jeanne aux bancs publics,
Du gorille à Margot, tous l’aiment, sauf les flics.
Comble pour cet anar, il devient un classique.

Savinien de Cyrano de Bergerac
(1619 – 1655)

Pas Gascon malgré tout ce qu’on a pu vous dire,
Du Soleil, de la Lune, il a vu les empires.
Philosophe et rimeur, bretteur et musicien,
Au vrai sens de ce terme il fut un libertin.

Gérard de Nerval
(1808 – 1855)

Grâce à Faust, qu’il traduit quand il n’a pas vingt ans,
Il se fait vite un nom. Les pièces qu’il publie,
Ses nouvelles, ses vers, noirs ou gais, sont chantants
Mais ce grand voyageur en proie à la folie
Se pend au soleil noir de sa mélancolie.

Raymond Poulidor
(1936 – 2019)

Fils de fermiers creusois, à vélo dès l’enfance,
Après ses vingt-quatre ans c’est en pro qu’il se lance.
Il grimpe au moins dix fois le podium d’un grand tour.
Il est comme Anquetil le grand champions du jour
Et quand au Tour de France il rate la victoire,
Même sans maillot jaune il a droit à la gloire.
Sous le nom mal choisi de l’Éternel Second
On aime ce bon gars qui n’est jamais bougon
Tant les « vas-y Poupou ! » restent dans la mémoire.